Compagnons,
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Allons au printemps gueuler dans les rues nos chants révolutionnaires !
Ainsi nous débarrasserons nos palais de la mauvaise haleine contestataire accumulée dans nos tripes étriquées !
Au programme des festivités, après les amuse-bouche en sauce démocrate, savourons la fameuse saucisse du pouvoir d’achat, finement épicée, servie sur un plateau d’illusions en argent plaqué et dont le boyau constipé se gave de la chair tendre et grasse du consumérisme avarié.
Le tout arrosé d’une mise en bière brassée par les croque-morts du capital.
Pointons nos huit heures de grève plus les pauses à l’ombre des bourgeons en pleurs, apéro dinatoire et opéra-bouffe pour les ventres et les cervaux, calicots endimanchés et fleuris de la créativité syndicale en bannière que le renouveau du printemps éveille sur le charnier des luttes passées et le lisier de la bureaucratisation des pouvoirs établi
Lorsque nous aurons nettoyé les dernières miettes nous repartirons repus pour un nouveau tour d’horloge et convaincus de la force de nos cris.
Les cris s’envolent, les maux restent…
J-P Moreira, mai 2025
